Je reviendrai sur ce sujet à l’occasion d’un hypothétique article sur la révolte des bouffons (Dadvsi, mon amour - tout un programme en marge des manifs-festivals de l’été). Petite digression supplémentaire pour ceux qui auraient manqué la querelle des bouffons (soit le premier épisode de cette saga) : elle est à chercher dans les livres d’histoire aux alentours de 1752.
Apple, comme une très grande majorité de constructeurs, a choisi un pays où la main d’oeuvre est peu coûteuse et corvéable à merci - au hasard la Chine. Si vous pensiez encore que la société de Cupertino n’était finalement qu’une association de bienfaiteurs à but non lucratif pour bourgeois bohèmes, le oui-ouisme vous gagne. Méfiez-vous.
L’impayable journal en ligne MacNN publie un certain nombre de données relatif aux conditions de travail des femmes sur les chaînes de production des iPods : salaires ridiculement bas (50 dollars par mois, soit deux fois moins que la moyenne en zone urbaine) et quinze heures de travail par jour. Les autres données avancées ne nous éclairent pas plus sur ce qui s’y passe.
À l’origine de cette brève, on trouve un rapport confidentiel que personne n’a lu - et dont on ne sait s’il provient d’un organe officiel ou d’une officine de désastabilisation. C’est le journal Mail On Sunday qui dévoile le premier son contenu supposé. MacWorld US emboîte le pas - sans en connaître le détail, puis MacNN condense les propos du magazine, avant de faire le tour des sites de rumeurs (qui pour une fois aurait été bien inspirés d’approfondir l’information). Enfin à l’autre bout de la chaîne, sans recul critique ou contrepoint, on trouve naturellement pléthore de sites alternatifs qu’il n’est pas nécessaire d’accabler davantage.
L’objet de la polémique, qui touche Apple, n’émeut plus personne lorsqu’il s’agit d’autres marques, voire d’autres catégories de biens de consommation. Cette naïveté est à double détente : elle insinue que « même Apple est concerné », pour se doter d’une bonne conscience dans la foulée avec un « oui, mais au moins, les ouvriers sont (supposés être) bien traités ». Le pire sketch des Guignols de l’info ressurgit avec force de réalisme : les délocalisations et leur corollaire, l’exploitation de la misère sous couvert d’angélisme.
Le cynisme serait d’ajouter qu’à ce prix, un iPod est bien trop rentable.
À défaut d’affirmer avec certitude qu’une campagne de contre-propagande fait rage, dire que l’information sur Internet n’existe qu’à l’état de rumeurs, relève finalement du lieu commun.