| « Les cygnes chantent au moment de mourir. Parfois, je me dis que certaines personnes seraient bien inspirées de mourir au moment de chanter » (Samuel T. Coleridge) |
Pour ma part, commenter aujourd’hui ce qui risque ou pas de se produire n’est pas mon approche - et je ne reviendrai pas non plus sur mon billet d’humeur d’il y a vingt jours sur la misère psychologique de masse.
La stratégie de culpabilisation qui semble à présent revenir en seconde lecture s’appuie sur de fallacieux prétextes. La création en danger ? Allons bon. Cela fait dix-sept ans que j’entends ce discours, quand bien même, il n’en fût pas autrement dans un passé plus lointain.
En ligne de mire, et par ordre chronologique, je peux citer :
D’une façon globale, les éditeurs signaient par le passé des talents sur lesquels peu d’investissements étaient réalisés. De fait, avec la complexité relationnelle entre les auteurs et les diffuseurs, aucune de ces jeunes recrues ne pouvait percer. Le contrat était donc rendu quelque temps plus tard. À présent, changement de politique, le soin est laissé aux émissions de télé-réalité de le faire à leur place. On ne peut que constater l’absence de résultats tangibles, ou de nature, à financer des artistes à risque - commercialement parlant. En une formule toute emprunte de tautologie, je dirais que cette industrie nécessite toujours plus d’argent par amour du capital. La culture réduite à l’état de produit est son meilleur alibi.
Comme je le rappelais sous une autre forme dans mon billet précédent, la mutation de certaines pratiques sociales, qui s’est opérée il y a huit ans, commence à se faire sentir. La musique populaire n’est plus l’unique vecteur des revendications adolescentes. Elle ne le sera bientôt plus du tout. Reformulée : tout un chacun pourra un jour ou l’autre se fabriquer sa propre musique à l’aide d’outils semblables à GarageBand. Ce mode d’expression, tout comme l’avènement des blogs, favorisera l’explosion de multiples vérités aux dépens d’une seule et unique promue par la médiation traditionnelle. Car pour reprendre la formule éructée récemment - comparant la culture à un aliment : il va de soi que si le consommateur est lui-même producteur de son bien culturel, il frôlera à terme la quasi-gratuité. Et la présence d’un DADVinSI Code n’y changera rien.