Le mastering est la préparation d’un enregistrement en vue d’une fabrication en usine (CD, Vinyles,...), ou d’une diffusion par un quelconque moyen technique. Le support « maître » final varie selon les époques. Actuellement, le master peut être un CD-R (fortement déconseillé même si la quasi-totalité des usines l’accepte), l’éternelle bande U-Matic PCM 1630,...
Le pré-mastering est souvent synonyme de « mastering à la maison » — ce qui n’est pas son acception première ! Originellement, le Pre-Master est un format développé par Sony, au début des années 90, en vue de produire un nouveau support maître pour la duplication en usine. La seule et unique station de travail est fournie (encore aujourd’hui) par Sonic Solution. Par extension, avec l’arrivée des solutions direct-to-disc semi-pro au milieu des années 90 (technologie VST), l’idée a germé chez les éditeurs de fournir des outils logiciels pour préparer le master, chez vous, en vue d’une duplication à grande échelle, ou simplement pour tenter d’approcher le son des disques professionnels.
À savoir :
Le sujet soulève une autre question que je développerai sans doute ultérieurement sur les mythes et réalités de la musique pop (ou plutôt de la production musicale de masse). Il est paradoxal d’être à la fois : contre l’industrie musicale d’une part, et vouloir d’autre part adapter son oeuvre aux standards de cette même industrie. Le principe même du « mastering », c’est cela : adapter son oeuvre à des normes industrielles (pas uniquement avoir le « son »). Ce qui implique en filigrane : un FORMATAGE. Vous vous pensiez rebelle ? Ah, ben c’est raté !
Avec la profusion de technologies musicales de qualité discutable (formats compressés proposés par l’iTunes music store principalement), musiques sur téléphones mobiles (...), on peut se demander quel rôle tient encore la pratique du mastering pour l’oeuvre dématérialisée ?
À ceci s’ajoutent d’autres facteurs liés à la pratique sociale contemporaine :
des oeuvres amateurs techniquement peu exigeantes mises sur le même plan que celles des éditeurs.
Les opérateurs de télécommunication ou de diffusion prenant peu à peu le pas sur ces derniers. L’objectif principal étant ici quantitatif et non qualitatif.
Une idéologie discutable sur l’absence supposée de lien entre la forme (la qualité technique) et le fond (la qualité artistique). Avec en point de mire, la ré-invention du passé. (Petite boutade : un jour une jeune plume expliquera très sérieusement que les Beatles (et George Martin en particulier) avaient contribué à l’élaboration du son « lo-fi »).
La dématérialisation implique également un culte de l’éphémère, de la vacuité et donc en fin de compte, a surgi au nom du présentisme, le mythe de la « gratuité », de l’absence d’effort (y compris culturel).