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MAROON 5 - It won't be soon before longMAROON 5 - It won’t be soon before long

À la première écoute, Adam Levine et son gang se sont réfugiés sous un amas sonore un peu grand pour leurs frêles épaules. Égarés ? Pas forcément.

Atteint du syndrome Sally Cinnamon, Maroon 5 à l’image d’autres groupes américains de ces dix dernières années sonne comme un combo britannique. L’intonation vocale proche de la musique soul plaquée sur une rythmique minimaliste très raide provoque autant l’émoi que l’ennui — tout dépend de la qualité de composition des chansons. Justement, parlons-en.

Si sur l’album précédent (Song about Jane), Maroon 5 s’en tire avec quelques honneurs et une brochette de belles chansons en prime. Cette fois la justesse de l’écriture laisse la place à des gimmicks de production faciles. Jamiroquai n’a qu’à bien se tenir ! Les références lénifiantes sont peu nombreuses, mais par chance, elles subsistent encore. Exit donc, If I Never See Your Face Again sous mauvaise influence (Justin Timberlake) pour laisser place à Makes Me Wonder — plus sympathique et entraînant.

Le reste n’est qu’un remplissage plus ou moins habile — mais encore faut-il avoir une bonne mémoire musicale pour s’en persuader. Tout ici a déjà été rabâché des centaines de fois au cours des 40 dernières années. Little of your time aurait pu être le futur single de Britney Spears si son exposition prolongée au Show Business ne l’avait pas rendue dépressive. Won’t Go Home Without You reprend l’incipit de I’ve Just Called To Say I Love You de Stevie Wonder avec l’assise rythmique d’Every Breath You Take de Police. Le refrain en panne d’inspiration se contente d’une progression d’accords (tonique, sous-dominante, dominante, tonique) n’autorisant pas la mélodie à s’émanciper comme elle devrait. N’est pas Sting ou Little Steevie, qui veut. Avec la même suite harmonique, même The Jesus & Mary Chain font mieux. C’est dire.

Nothing Lasts Forever manque de fulgurance, tutoyant au passage au mieux Lilac Time, au pire The Trash Can Sinatras. Better That We Break n’a que pour seul défaut d’être un calque d’une chanson de John Lennon période Plastic Ono Band.

Le reste s’écoule de façon tiède. Ce n’est pas un mauvais enregistrement en soi, It Won’t Be Soon Before Long n’est qu’un avatar de plus — à ranger entre Orson, Spin Doctor et la corbeille de votre bureau. Cela devient malheureusement une habitude.

Écouter l’album sur le Music Store

David Am

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