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L'HISTOIRE DU ROCK - PRÉAMBULEL’HISTOIRE DU ROCK - PRÉAMBULE

Le retour du monologue intérieur

- L’étude de la musique populaire américaine de la seconde moitié du XXe siècle ne s’envisage qu’à travers le lien qui l’unit avec l’industrie du divertissement. On n’omettra pas de parler du contexte politique et social qui l’entoure.
- C’est une évidence (mais il semblerait qu’à la lecture de certains documents pédagogiques, cette précision s’impose) : adaptez l’analyse en fonction de la nature de l’oeuvre, et non pas de façon absolue. De la même manière que l’on n’envisage pas de mesurer la musique baroque à l’aulne de celle de Webern, évitez les comparaisons naïves sur le langage musical de la pop music. De plus, fuyez les termes techniques mal à propos : mélisme en est un. On parle de notes bleues ou très simplement de vocalises. Un autre pour la bonne bouche : Sprechgesang (chant parlé). Le mot Rap suffira, et on laissera de côté le terme Slam pour des raisons que j’évoquerai cette semaine ou la semaine prochaine...
- Qualifier de pauvreté musicale, le fait qu’une chanson Rock possède un langage tonal, sans modulations, usant d’une forme unique (à refrains, et non rondeau), et sans grande élaboration au niveau de l’écriture stricto sensu — revient à faire fausse route (encore une fois).
- Sa nature profonde a trait (je me répète) à ses rapports qu’elle entretient avec la société (la politique bis repetita, l’économie,...). Au plan musical, le seul niveau de recherche se situe sur le terrain de la production sonore (du matériau), pas sur le langage. Alors, ce n’est pas la peine de venir m’annoncer la bouche en coeur, qu’untel fait de mauvaises chansons sous prétexte que vous avez repéré 5 intervalles de quinte parallèles dans l’arrangement, ou de fausses relations de triton... On s’en moque.
- Le contenu historique (tel que relevé dans le document pédagogique) contient des erreurs qui suscitent questionnement. Nous ne sommes pas loin d’une forme de réécriture de l’histoire (pour ne pas employer d’autres mots). Confusion, ou redéfinition des termes : pop, rock, funk, rythm’n’blues. Suppression pure et simple de mouvements musicaux majeurs des années soixante-dix (la musique progressive ou dite prospective) ; définition des mouvements stylistiques par rapport à l’image qu’en donnent les médias. Les goûts personnels servant de base d’analyse : j’en passe la liste est vraiment longue. J’apporterai les éléments historiques au moment opportun. Ce qui se profile, derrière cela, est l’idéologie dominante dressée par certains titres de presse typés Inrockuptibles. Le journaliste se veut être l’historien du présent. Le résultat n’étant que propagande.
- J’émets beaucoup de réserves sur l’emploi de Wikipedia sur ce sujet : données historiques plus ou moins exactes, ou carrément relatées à travers le seul souvenir (ou témoignage) du rédacteur. Reportez-vous à la liste que je vous ai communiquée : ouvrages des presses universitaires de France, quelques livres édités chez Fayard, un article de l’encyclopédie Universalis...
- Une carte d’abonnement à la bibliothèque / médiathèque de votre ville est aussi une sage décision — ce qui règlera les problèmes de coût.
- Dans le même esprit, les disquaires en ligne (au hasard : l’iTunes Music Store) ont comme seul et unique avantage de mettre à disposition d’écoute un volumineux catalogue. Pour le reste : les dates de publications des oeuvres antérieures aux années 2000 sont souvent erronées. Pour d’autres cas, il n’est fait mention que de la date de réédition. Les compilations proposées (1980, 1981, etc.) sombrent dans les mêmes travers. On trouve même des titres dont la date de commercialisation réelle est 1984, ou 1989, et qui sont listés dans la catégorie des oeuvres de 1992...

- Tout cela pour vous inciter à vérifier, entrecouper, comparer les sources d’informations mises à disposition — ne rien prendre pour argent comptant. Pour la nature même de l’épreuve : ne confondez pas « esprit critique », « propagande » et « choix personnels sous influences ».

- Petite digression sur les liaisons dangereuses entre l’économie et la culture. (Avec en arrière pensée : les réductions de moyens dans les établissements spécialisés, l’enseignement à la chaîne, et le statut précaire des « intervenants » ( !). Le changement de la terminologie « cours » en « atelier musical » aboutit à former avant tout un consommateur sachant tâter un instrument de musique). Créer des ensembles musicaux comme seule fin en soi. Reformulé : dans le nouvel idéal social, on veut produire de la parole avant de construire une pensée.

Lire la suite : L’histoire du Rock, 1ère partie

David Am

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