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L'HISTOIRE DU ROCK - 1ère partieL’HISTOIRE DU ROCK - 1ère partie

Définir la Pop Music

Commençons d’abord par éluder, une bonne fois pour toute, les questions de terminologie. L’expression Pop Music recouvre plusieurs acceptions.

Littéralement, elle désigne la musique populaire américaine de la seconde moitié du XXe siècle — populaire s’opposant à la musique savante, nommée vulgairement "classique” (notion très réductrice, j’y reviendrai plus tard avec un chapitre sur la musique dite contemporaine).

L’opposition que je viens de faire n’est pas qualitative : l’une n’est pas “meilleure” que l’autre. La musique populaire est issue d’une culture de l’oral, contrairement à la seconde qui pose son évolution sur la syntaxe de son langage. Pour être explicite, sans toutefois entrer dans des explications plus techniques : la Pop Music ne demande pas à ses auteurs d’être des premiers prix de conservatoires. Ne pas savoir l’écrire n’est en aucun cas un handicap (les exemples sont très nombreux, j’en cite un pour bien marquer les esprits. Phil Collins s’est mis à l’apprentissage de la grammaire musicale que sur le tard... Environ 15 ans après le début de sa carrière...). Cela permettra d’en décomplexer quelques-uns parmi vous... Je plaisante.

La musique populaire d’inspiration américaine repose avant tout sur sa mise en forme (le son, le discours social), et en aucun cas sur le fond (c’est-à-dire le langage).

On parlera de Pop Music à la fin des années 60 pour désigner un courant (un style) du Rock teinté de Folk. Une dernière acception est tout autant valable. C’est la fameuse musique de “variétés” : de Madonna à Mariah Carey. A contrario, Blur, Travis, ou tout autre avatar de la “BritPop” (appellation marketing, et non une réalité musicale) c’est du Rock et rien d’autre.

Digression : comme je l’écrivais dans le préambule, ne vous laissez pas berner par ce qui est écrit dans les journaux de divertissement... ce ne sont pas des productions d’historiens, encore moins de musicologues.

La naissance du Rock’n’roll

A. À l’origine était le Jazz et le Blues

  1. Blues et chants religieux (Gospel)
  2. Différents styles du Jazz : Ragtime, New Orleans, Chicago, Swing, BeBop, Cool, Hard Bop, Free Jazz, Jazz Rock.
  3. Quelques dérivatifs (sic) : DooBop et Hip Hop Jazz, Acid Jazz, Nu Jazz et Jazz House, Jazz et musique contemporaine
  4. La ségrégation raciale (le Black Code) et l’augmentation progressive de la complexité du langage musical utilisé

B. Le Rythm’n’Blues (les années 40)

  1. Bâti sur la structure du Boogie (Intro, Couplet, Refrain, Pont, Refrain, Couplet, Final)
  2. Musique d’expression afro-américaine
  3. Quelques exemples : T Bone Walker, Otis Redding, Ray Charles...

C. Le Rock’n’roll (années 50)

Le Rock’n’roll n’est ni plus ni moins que l’appropriation du Rythm’n’Blues par des musiciens “blancs”.

Je reformule d’une façon moins pudique : l’industrie musicale récupère toute une culture pour la présenter sous une forme prédigérée. Une raison essentielle : rendre cette musique économiquement rentable, et donc la vendre à un plus large public...

Stylistiquement, toute l’expression se nivelle par le bas. Adieu donc : la subtilité du jeu (le swing) propre à la musique noire américaine. Le Rock’n’roll devient l’alibi de choix pour canaliser l’énergie des jeunes issus des classes populaires. Au fur et à mesure de la décennie, l’improvisation instrumentale tend à disparaître, et l’orchestre est relégué au simple rang d’accompagnement.

Quelques artistes ayant marqué cette période : Elvis Presley, Bill Haley and The Comets, Vince Taylor, Gene Vincent, Eddy Cochran, Jerry Lee Lewis et Chuck Berry.

Le Rock’n’roll s’exportera jusqu’en Europe :

  1. l’Angleterre qui verra la naissance des Silver Beatles,
  2. et la France notamment avec Johnny Halliday, ou les Five Rocks qui deviendront les Chaussettes noires (Eddy Mitchell). Mais là, c’est autre histoire. Nous sommes déjà au tout début des années 60.

À retenir : toutes les problématiques inhérentes à l’exploitation commerciale de la chanson existent déjà, et ce, dès le début de la Pop Music. Il n’a donc jamais existé un temps béni où l’artiste était roi, par opposition à une époque actuelle qui se verrait accablée de tous les maux. Ces propos concernent tout autant ce que l’on nomme pompeusement “l’industrie culturelle”, que tout ce qui tourne autour, et en particulier les médias de masse.

(À suivre)

David Am

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