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DAY BREAK, UNE FUTURE SÉRIE CULTE ?DAY BREAK, UNE FUTURE SÉRIE CULTE ?

C’est avec un enthousiasme certain que nous vous annonçons la diffusion de cette nouvelle série télévisée américaine : à la fois sombre et très habile. Notre correspond local, dans l’État de Washington, le désormais connu Anton Pulowski (sorte d’Alain Carrazé du monde Apple) vous raconte en avant-première ce qui sera - espérons-le - un futur succès mondial.

Pour une fois que l’on coiffe au poteau Jean-Marc Morandini, on ne va pas se gêner. Non ! Il ne s’agit pas ici du remake américain de Navarro...

Day Break est avant tout un polar dans la lignée du film Training Day. L’histoire raconte la journée infernale du détective Brett Hopper . Rien ne va, malheureusement, lui être épargné. Tout commence par le sauvetage in extremis d’une jeune femme menacée d’être aplatie par un bus lancé à vive allure. La suite est du même tonneau : le héros se retrouve coincé entre une bande de trafiquants de drogue peu enclins à l’humour, et la police qui l’accuse du meurtre d’Alberto Garza, assistant du procureur de son État. Au même moment, sa coéquipière est soupçonnée d’être une fonctionnaire corrompue, sa petite amie court le risque d’être abattue en pleine rue, son avocat disparaît de la circulation, sa soeur se fait battre par son époux, et comble de malchance son chien raffole de sa paire de baskets...

Day Break est paré des meilleurs atours scénaristiques. Durant les vingt premières minutes : tous les indices concourant à la résolution de l’affaire sont dévoilés aux spectateurs sans qu’ils ne s’en rendent compte. Le premier acte de l’épisode pilote s’achève sur un twist : le héros Brett Hopper, dans des conditions que je ne vous narrerai pas, est amené à revivre en boucle cette journée...formidable. La première saison composée pour le moment de 13 épisodes constitue autant de variations possibles sur le même thème : à chaque acte, ses conséquences. Occasion sera donc donnée au Detective Hopper d’explorer toutes les possibilités qui s’offrent à lui.

Que l’on se comprenne bien, la nature fantastique voire science-fictionnesque de Day Break se situe à des années lumières de séries comme Tru Calling, ou du film Un jour sans fin (Groundhog Day) avec Bill Murray.

Le héros de Day Break est mortel : chaque blessure du jour précédent marque son corps comme autant de stigmates qu’il conserve tout au long de la série. Il est inutile de préciser que ce ressort se trouve particulièrement efficace. Les scènes d’actions violentes (mais pas racoleuses) ainsi que la qualité de la photo et de la mise en scène convoquent le Michael Mann des beaux jours (Heat, ou les 20 premières minutes de Collateral notamment). En outre, le scénario n’offre pas l’indigence voire même l’imbécillité du propos de Prison Break. Il n’est pas question d’un complot gouvernemental sur le thème avarié du « tous pourris » ; la figure du méchant offre une pluralité qui n’est pas manichéenne, et surtout on s’affranchit des excuses sociologiques à deux sous, destinées à rassurer la ménagère de moins de 50 ans.

Bien sûr, la qualité de Day Break ne s’arrête pas là. L’acteur principal Taye Diggs est magnifique : à chercher entre Will Smith et Denzel Washington. Le casting impeccable fait la part belle aux seconds rôles de qualité dont la psychologie complexe se dévoile au fur et à mesure des épisodes. C’est LOST en milieu urbain revu et corrigé par William Friedkin, ou même un spin off de X-Files se mariant à la noirceur élégante du remake Mort à l’arrivée (d’Annabel Jankel et Rocky Morton).

Le créateur de la série n’est autre que Paul Zbyszewski (réalisateur d’After the Sunset avec Pierce Brosnan). Le pool de producteurs voit en son sein que des noms connus : Jeffrey Bell et Rob Bowman (X-Files, Elektra au cinéma, ancien assistant de Stephen J. Cannel — de 21 Jump Street à Booker, producteur de la série déjantée Parker Lewis ne perd jamais), ainsi que Taye Diggs lui-même.

On y retrouve avec plaisir des acteurs de série plus ou moins connus comme Mitch Pileggi (Walter Skinner dans X-Files, ou Horace Pinker dans le film Shocker de Wes Craven), Adam Baldwin, Moon Bloodgood, Victoria Pratt, et d’autres non crédités au générique comme l’homme en noir vraisemblablement incarné par Jonathan Banks (le méchant du premier volet du Flic de Beverly Hills, ou le chef de l’OCB, Frank McPike, dans la série Un Flic dans la Mafia)....

Programmée tous les mercredis sur la chaîne ABC, en remplacement de LOST jusqu’au mois de février prochain, Day Break semble avoir un début très difficile puisque la série ne fidélise que 5 millions de téléspectateurs. C’est toutefois bien mieux que les feuilletons pour adolescents acnéiques comme les Frères Scott (3 millions).

Du coup, on ne sait pas trop ce que les dirigeants de la chaîne, et Disney le principal actionnaire, réservent à cette série de haut vol. D’autant plus que les chaînes françaises n’ont pour le moment pas fait leur marché pour la programmation 2007-2008 [1]. Tout est possible, et pour cela, une mobilisation des internautes s’avérerait sans doute salutaire.

Enfin, ABC a eu l’élégance de diffuser gratuitement et en toute légalité les vingt premières minutes du pilote, et ce, pour le monde entier. Depuis le 15 novembre, seuls les résidents sur le territoire américain ont le bonheur de voir et revoir ce rendez-vous hebdomadaire. Pour les autres, un résumé/montage de l’épisode en cours ainsi que différentes interviews vous donneront l’eau à la bouche, je l’espère — en attendant que la série débarque en Europe.

À lire également : Day Break, bientôt de retour

Le retour réel de Day Break à l’antenne

En savoir plus sur cette série : http://abc.go.com/primetime/daybreak/

Anton Pulowski

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