1. Banco (ça banque illico)
Définir votre budget est la première des priorités. Pour votre plus grand bien : éviter tout choix sous influence. Votre musicien préféré utilise tel séquenceur ? Vous pensez sans doute qu’une fois acquis, et avec beaucoup de pratique, vous obtiendrez un résultat similaire : vous vous trompez. (Oui, je sais vous vous attendiez à une telle chute). Le matériel de studio qui l’accompagne est généralement hors budget pour la plupart des musiciens et petites structures indépendantes (processeurs Manley, Eventide, Avalon,...). Le « son » (celui que vous chérissez à chaque écoute de votre album préféré) est façonné à partir de ce type de matériel. Donc...
Ceci étant, même avec une configuration modeste, il est tout à fait possible de réaliser des maquettes de bonne qualité — qui en bluffera plus d’un !
Enfin dernier avertissement (avant le prochain) : méfiez-vous du contenu des interviews — vanter les qualités d’un périphérique ou d’un instrument peut aussi s’envisager comme de la promo déguisée (je sens votre mine déconfite)...
Donc, vous avez besoin avant tout :
N’oubliez pas d’inclure (selon vos besoins) : un microphone de studio (type électret ou électrostatique), un antipop, un préampli, une petite table de mixage (voire même une grande),...
Vous l’aurez compris, il n’existe pas de configuration idéale. Lorsque j’ai commencé à travailler (à la fin des années 80), j’avais besoin d’un magnétophone multipiste à bandes, d’une grande variété d’effets en rack, d’une table de mixage aussi lourde qu’encombrante, d’un Atari, d’un boitier de synchro... Aujourd’hui, il est tout à fait possible de se mettre à la production musicale avec un ordinateur et une bonne mixette... J’exagère à peine..
2. À consommer sur place ou à emporter ?
Le choix de l’ordinateur (outre la question d’argent) est lié aux logiciels que vous aurez à utiliser. Certains sont mieux programmés que d’autres, et donc les performances seront impactées dans une proportion identique. Configuration nomade ou fixe, tout dépend uniquement de votre mode de vie. Si vous êtes peu fortuné : un Mac Mini Core Duo, ou un iMac G5 d’occasion.
Petite digression : un G4 d’occasion peut suffire en première dotation, quel que soit le modèle. À condition d’être sûr de pouvoir acquérir les logiciels dont vous aurez besoin.
Pour ce qui est de l’utilisation nomade, un MacBook peut faire l’affaire. Le MacBook Pro est un excellent choix si vos applications nécessitent une carte graphique dédiée. Cela arrive, et parfois même pour de mauvaises raisons. Inutile de dire que si vous êtes un brin fauché, lorgner sur le marché de l’occasion ou sur le refurb Store. Un Core Duo suffit largement.
Avec X.4 : visez 1 Go de Ram, et un disque externe firewire (7200 tours minimum) entre 80 et 120 Go.
3. Quels séquenceurs ?
Première chose : tous ne se valent pas, tant en terme de qualité, que de performance. Deuxième chose : au risque de vous enlever certaines illusions, ce n’est pas parce que vous travaillez en numérique, qu’il n’y a pas de pertes de qualité sonore à chaque traitement. Troisième chose : adaptez le logiciel à vos compétences, et à votre probable utilité. Si vos maquettes ne sont destinées qu’à l’internet, à être retravaillée en studio, ou simplement pour vos amis : prenez celui avec lequel vous vous sentirez le plus à l’aise.
En terme de facilité d’emploi, voici mon classement :
1. GarageBand
2. Live ou Sequel
3. Cubase
4. Digital Performer ou Logic Audio
5. Pro Tools
En terme de respect du traitement / qualité sonore :
1. Pro Tools ou Digital Performer (loin devant) puis :
2. Logic ou Live
3. GarageBand
4. Cubase ou Sequel
4. MIDI ou Audio ? Les deux !
N’oubliez pas que le son que vous obtiendrez à l’enregistrement est celui qui demeurera sur le définitif à peu de chose près. Un son approximatif, terne, ne se rattrape pas au mixage ou au mastering. Appliquez le concept informatique WYSIWYG à la musique (Ce que vous entendez est ce que vous obtiendrez). Si l’interface audio est de piètre qualité, inutile d’aller plus loin.
5. Enceinte monitoring
Encore un grincement de mâchoire en perspective : le choix des enceintes de proximité. Que ce soit dans le cadre d’un Home Studio, ou même d’une strucutre plus conséquente, le son en façade est toujours « coloré » — bien sûr, à des degrés divers. Aussi inutile de vouloir les dernières Genelec à la mode.
6. Le reste de la liste de course
L’achat de votre instrument, microphones,... reste à votre entière discrétion. Il y aurait beaucoup d’arguments à développer.
Juste une chose encore : vouloir ressembler à ses idoles est une voie sans issue. Ce n’est pas l’instrument, le logiciel, qui font les oeuvres. Ce sont les gens qui travaillent avec. Le bouton « Mastering » du plug-in Ozone ne donnera rien de mieux à votre mixage. Pire, il pourrait même le rendre inutilisable en diffusion radio. Le préréglage « Eric Clapton » ou « Jimi Hendrix » du préampli virtuel d’IK Multimedia ne vous donnera pas non plus le son de l’un ou de l’autre — tout juste quelques indices.
Croire que la musique peut-être produite sans apprentissage relève de la propagande, ne l’oubliez surtout pas en chemin.
7. Devis rapide
Le Macintosh de votre choix (voir plus haut), avec graveur CD/DVD intégré. 1 Go de Ram Disque dur externe firewire (à monter soi-même, disque interne 7200 tours ou plus à monter dans un boitier externe séparé), ou bien, faire l’acquisition d’un modèle de chez MacWay (désolé pour la publicité). Évitez les autres modèles tout-en-un dont la vocation est le stockage, pas l’enregistrement Direct-to-disc.
Moniteurs actifs : Yamaha HS80M (600 euros les deux), ou RockIt RP5 (300 euros la paire). Autres possibilités : Event, voire Behringer, pourquoi pas.
Carte son : TonePort UX-2 de Line6, avec préampli et effets inclus (en USB 2, 200 euros), MBox Mini (300 euros), Ultra Lite de Motu (550 euros)... en dessous de 180 euros se reporter sur une interface Behringer, ou M-Audio.
Les plug-ins sont facultatifs. Cependant, comme tous ne se valent pas : les bundles de chez Waves seront prioritaires dans votre collection, Sony Oxford (Sonnox), ou BombFactory (Pro Tools ou Digital Performer).
Le séquenceur de votre choix (voir plus haut).
Ajoutez les câbles et instruments de votre choix.
En supposant que vous vous acquittiez du prix des licences logicielles, en choisissant une hypothèse moyenne, vous devriez être autour de 3000/3500 euros. En comparaison, pour le même prix en 1988 vous auriez eu un magnétophone 8 pistes à bande Tascam ou Fostex, une table de mixage Yamaha, un multi-effets Digitech ou Yamaha. Et c’est tout. C’est beau le progrès.
(Article à compléter, ou non, ultérieurement)